![]() |
AU-DELÀ DES FRONTIÈRES, Titre AU-DELÀ DES FRONTIÈRES, l’histoire de ma vie Livre autobiographique de Karima Sandia SANDHYA Boina Mbechezi
Le rocher du Diamant, rencontre avec mes ancêtres
A un moment de ma vie où mes idées étaient enfouies au fond de moi-même, inspirée par le désir d’en savoir plus sur l’île de la Martinique, je pris la décision, sans trop réfléchir, début novembre 2016, de faire un bref séjour de quatre jours sur cette belle île, et d’aller fouler la terre des «Rochers du Diamant ».
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de cet endroit, les « Rochers du Diamant » sont une petite île inhabitée située dans la mer des Caraïbes au sud-ouest de la Martinique, à deux kilomètres environ de la pointe du Diamant, dans le canal de Sainte-Lucie.
L'îlot doit son nom à sa forme générale, en pointe et biseautée, ainsi qu'aux reflets de ses parois à certaines heures du jour, évoquant ceux de la pierre précieuse dont elle porte le sublime nom ainsi que la ville qui lui fait face sur la côte.
Ma rencontre avec cet îlot fut un moment magique. J’y ai vécu une belle aventure et je peux affirmer avec certitude que les voyages sont de Grandes Ecoles de la Vie.
Effectivement, dès mon arrivée à Pointe-à- Pitre, en escale d’abord, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vécu à cet endroit.
Certainement, une simple impression de déjà vu! Je décidai alors de poursuivre jusqu’au rocher du Diamant.
A ce moment-là, je fus secouée par une grande émotion et j’eus le sentiment de faire un grand saut dans le temps et même de renaître de mon propre moi. Je n’étais jamais venue sur ce lieu et pourtant, une impression de ne « pas être étrangère » m’a envahie. J’étais troublée.
Qu’étais-je en train de vivre? Dans un état émotionnel très fort, la frontière entre la réalité et l’irrationnel est souvent difficile à cerner.
Je ressentis très fortement une présence et même des vibrations et, ce fut certainement, dans ce lieu mythique que j’eus ma première et seule connexion avec mes ancêtres Makongos, dans ce berceau aux multiples parfums exotiques qui a marqué mes racines de femme des îles africaines venant d’ici et d’ailleurs.
En état de béatitude, je suis convaincue d’avoir perçu la présence de mes ancêtres que j’appellerai les anciens. Nous sommes même entrés en communication.
Je les ai vus auréolés de lumière et je les ai ressentis dotés de belles âmes. Ils m’ont fait savoir que leurs esprits n’étaient toujours pas en paix.
Leurs âmes semblaient torturées.
Leurs témoignages sur leur vécu et le lien avec notre histoire étaient poignants.
Ils m’ont rappelée mes origines et d’où je venais, moi la fille du soleil qui vit dans un pays hivernal.
Ce sentiment de me retrouver entre le rêve et la réalité provoqua en moi un certain mal-être et un grand questionnement.
De plus en plus exaltée, j’entendis des sons de plus en plus amples et intenses émanant de plusieurs instruments de musiques africains concordants, flûte des Mornes, cha cha, Ka, tambours, et notamment, le Tambou Bèlè accompagnés de petites voix chantonnant des paroles comme des vers épiques.
Ces instants m’ont ramenée autour des feux de bois de mon enfance, animés par les danses réalisées par les miens. Hypnotisée, j’étais transportée dans ce monde magique. C’était extraordinaire. Cette connexion avec mes anciens était transcendante.
Même si cela peut paraître incompréhensible pour certains, en ce qui me concerne, c’était une évidence. Le monde irrationnel prenait le dessus sur le rationnel et cela, d’ailleurs a influencé ma vie de façon très positive. Pourtant, dans les faits, je ne saurai ni prouver ni identifier ce phénomène de façon concrète.
Subitement, ce qui était censé être ordinaire est devenu par enchantement extraordinaire. Ces échos m’ont transportée dans un état de flottaison où la partie « immergée », surnaturelle, se séparait de la partie « émergeante », réelle et concrète.
Dans le feu de l’action, j’ai entendu mes anciens me souffler à mi-voix que les séquelles des châtiments corporels qu’ils avaient endurés étaient toujours présentes et extrêmement douloureuses.
Ils me disaient que rien ne s’arrangeait entre nos deux mondes et que ce qui nous a paru acquis par les combats menés autrefois était en réalité toujours en suspens et enfoui dans les ténèbres.
«Saken son douler saken son zanfer. Donne to lamain pran mo lamain pou bâti no nation - Reve Nou Ancetres » en créole, « Donne-moi ta main, prends-moi la main pour bâtir une nation, c'est le rêve de nos ancêtres ».
Mes anciens étaient en train de me désigner comme la messagère idéale, pour transmettre aux générations futures ce qu’ils avaient enduré et continuer leur combat. Je restai sans voix.
A partir de ces échanges précis et saisissants, je pus établir des interactions avec ce que j’étais devenue et qui m’ont beaucoup éclairée par la suite. Aujourd’hui je me rends à l’évidence.
Ce sont bien les anciens qui m’ont conseillée de rester moi-même et qui m’ont transmis par leur manifestation que quiconque essaierait de m’opprimer échouerait.
Je ne devais plus être ni humiliée, ni asservie.
Maudits soient ceux qui voudraient m’enlever mes droits légitimes comme ceux qui ont frappé mes ancêtres avec un fouet et qui nous méprisent encore et nous oppriment.
Les Anciens m’ont insufflée que même si on continuait à se métisser, il ne fallait jamais oublier nos racines.
Cette expérience m’évitera de partir ignorante dans les catacombes.
A chacun sa prière.
Touchée, indignée je sais que j’écrirai l’histoire de mes ancêtres sans les trahir.
Rien sur Terre ne pourrait désormais me faire taire.
Je devais oser croire à ce qui a fait mon destin d’être celle de partout et de nulle part. Une petite voix intérieure me parlait tout doucement.
Un moment, j’ai cru que c’était irréel. J’ai aperçu de beaux paysages.
J’ai trouvé une mer bleue turquoise magique, les vagues étaient très belles.
De mes échanges avec mes anciens, j’ai retenu qu'ils étaient tout simplement dignes de respect.
C’étaient de grands sages, de grands explorateurs de l'humanité. Malgré leur expérience douloureuse, mes ancêtres n’ont pas perdu la face de la lune, par la force des vents et des marées, entre la terre et le ciel, ils ont toujours tenu leurs têtes droites. Sans violence, ils avaient l’air d'être de grands guides.
Ils m’ont rappelée que l’enfant des îles de la Lune que je suis a désormais grandi et que je devais savoir que l’histoire de mes ancêtres ne fait que se répéter. Serions-nous dans le mauvais karma ?
Et Les anciens m’informent qu’il ne faut pas se leurrer, les « puissants » vont toujours essayer de nous inculquer d’une façon injonctive des valeurs qui leurs sont propres car pour eux nous devons être toujours cadrés, éduqués et formatés.
C’est leur façon de nous aider. Dans cette zone grise de bienveillance, ils pensent que c’est pour notre bien, l’assimilation doit se faire malgré nous.
Toujours en veille et en guerre, mes ancêtres me recommandent de ne pas m’incliner, mais, de faire comme eux, asservis mais combattants.
Depuis lors, je refuse de subir le poids de la société. Ils ont lutté, ils ont persévéré, ils ont résisté à la violence.
Pour aller plus loin dans le combat, ils ont œuvré pour la non-violence. J’ai compris que cela aussi était ma destinée.
Ils m’ont appris ainsi que cette attitude me permettrait de grandir et d’évoluer dans mes idées.
Oui! Je les entends, ces petites voix qui ronronnent et qui battent le rythme au fond de mon cœur comme un tam-tam, tout comme le volcan qui fait éruption, le cyclone tropical qui balaie tout sur son passage, ou la mer qui chante et enchante les océans des îles des Caraïbes.
De cette expérience, j’ai retenu que je ne devais plus vivre sous contrôle et de façon contenue. Les conseils de mes ancêtres ont semé en moi la paix dans mon cœur. Ils m’ont rappelé qui j’étais, d’où je venais et où je devais aller.
À mon retour de ce voyage, j'ai fait des recherches sur le plan juridique et j’ai trouvé que malgré la ratification de l’abolition de l’esclavage par les Etats, beaucoup de choses n’ont pas vraiment évolué.
Depuis l’adoption de nombreuses lois votées entre 1789, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et 1948, Déclaration universelle des droits de l'homme, les esprits de beaucoup d’entre nous restent enchaînés. Certains se croient toujours « maîtres du monde » et semblent ignorer ces lois.
Ainsi, je refuse de jouer le rôle du « bon petit soldat ». Je refuse de répondre au pied levé à l’appel impromptu de mes supérieurs et j’évite ainsi d’être broyée par le système institutionnel.
Je pense que se défendre c’est affronter les problèmes avec du recul, c’est renoncer à être le « dindon de la farce », le « gentil de service ».
Ce n’est pas vraiment évident de résister quand, au niveau professionnel, ceux qui vous entourent ne vous ouvrent aucune porte et restent dans des cadres fermés et rigides.
Mais il était important pour moi de prendre des distances et d’identifier mes limites pour mieux appréhender la situation et me consolider.
Mon arme principale c’est ce sentiment de paix, inspirée par des grands comme Martin Luther King, Nelson Mandela et Gandhi.
A ce jour, pour moi, la situation professionnelle est toujours tendue, mon changement n’est pas passée inaperçu mais cela n’a pas d’importance.
Mes supérieurs n’ont sans doute pas compris mon changement radical puisque je disais toujours « oui » à toute demande de leur part.
L’essentiel c’est de continuer à faire mon travail convenablement et surtout de respecter les personnes que j’accompagne ainsi que ma hiérarchie.
Franchement, je ne sais pas comment mon histoire va se terminer mais personne ne pourra dire un jour que j’ai baissé les bras.
J’ai compris que même si je touchais le fond et que je perdais tout, il me resterait toujours ma dignité et mon honnêteté.
Dans l’asservissement, on est souvent sans le savoir dans l’instinct de survie, malgré nous. Je me demande à quoi cela peut servir de vivre si on n’a pas le pouvoir de décision et si on veut nous enlever notre propre identité.
De cette incursion dans le monde des anciens, je n’ai voulu retenir que des faits positifs. Je me rends compte qu’ils se sont sacrifiés pour nous permettre d’exister dignement. J’ai pu pénétrer d’une manière étrange et interposée dans un monde parallèle sans effroi.
Cela a suscité en moi l’envie d’apporter une pierre à l’édifice pour un lendemain meilleur.
Je constate amèrement que le seul fait de s’exprimer avec authenticité et sincérité est devenu un acte de bravoure.
On nous demande tout simplement de nous taire. Alors qu’un adage hindou dit : « Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés.»
Le système actuel veut développer l’aveuglement, l’apathie et fabriquer des non-être dans du non-sens.
Nous n’existons pas, nous sommes dans l’indifférence et le déni des autres et de nos supérieurs.
Je peux paraître utopique et irréaliste, mais je persiste à lutter contre ce système. Ma philosophie de vie est basée sur le partage et les échanges constructifs dans les rapports sociaux viables et équitables.
Je reste convaincue que le mal ne peut pas être plus fort que le bien. Des expériences et des réalisations très positives ont existé et existent! L’histoire de l’humanité prouve bien que celle-ci n’a pas été défendue par des individus passifs et sans envergure.
J’ai décidé d’être un peu plus moi-même.
Dans mon quotidien, je préfère vivre dans mon monde, cela me protège des âmes égarées. J’aime mon esprit lorsqu’il voyage vers un futur innovant, dans une nation solidaire. D’une façon désintéressée, j’ai continué à mettre mon énergie dans la bienveillance et le bénévolat.
Même si on veut nous faire croire que grâce à la mondialisation, nous vivons dans une société transculturelle, je pense que cela n’est pas vraiment très bien représenté, les inégalités existent toujours et ceci malgré les projets de lois inhérents aux mouvements de défense des droits humains.
Avec résilience, avec force et détermination, je peux dire que dès à présent, j'arrive à être un peu égoïste même si je continue toujours à mettre l'humain et ses valeurs au centre de mes préoccupations.
Je reconnais que désormais je pense plus à moi-même et par la suite à nous- mêmes. Après une multitude de tourments liées à des pressions au travail, un échec sentimental est venu se rajouter à mon long parcours de vie humanitaire de plus de vingt et quelques années.
Il y a aussi des troubles dans ma vie, et, j'ai eu très souvent l'impression de me sentir déboutée dans mes demandes et irritée « de l’intérieur », insatisfaite de ma vie en général…
Dans ma prime enfance déjà, je ne me sentais pas « en phase » avec moi-même, pas à ma place, insignifiante, transparente au point de me sentir sous-estimée, utilisée, manipulée, instrumentalisée.
J'étais très souvent démotivée et frustrée. J’ai traversé les années, aussi loin que je me souvienne, avec ce que j’appellerais des brouillards noirs au- dessus de ma tête.
Dans un état de grâce, durant ce voyage, j'ai eu des appels intérieurs qui m'ont stimulée à aller vers une quête de vérité, de spiritualité et d’introspection.
Ce qui m'a conduit à lâcher prise, à m'imprégner du vécu de mes anciens.
Désormais, je me sens dans une phase de reconstruction. J'ai l'impression de disposer d'un corps antique d'une afro-caribéenne qui cohabite en permanence avec moi, celui de mes racines, alors que j'étais jusque-là un corps sans histoire, à la quête de ma réalité.
Petit à petit, avec l’histoire de mes ancêtres, j’ai pu apprendre à me préserver. Cette immersion m'a permis de savoir avec fierté que je suis parmi les personnes qui disposent encore de connaissances historiques alors qu’aucune trace des faits ne subsiste.
Bien attendu, ce voyage à la Martinique m’a permis par la suite de prendre très rapidement des décisions, de mieux définir mes objectifs, de prioriser mes attentes en différenciant l’important de l’urgent.
Cette attitude m’a aidée à vivre une relation plus sereine avec mes proches et surtout, avec mes enfants. Je me suis sentie « accomplie », et je me suis dit que c’était l’occasion inespérée de sortir de cette vie pesante et de construire autre chose de plus léger.
En effet, j’ai besoin d’autre chose comme de me laisser apprivoiser.
On ne peut jamais s’habituer à l’enfermement. J’attendais l’heure du respect de la différence et de la dignité dans le dialogue, et cette heure est arrivée. Je me suis dit qu’il était temps de commencer à me prendre en main pour réaliser mes objectifs et mes idées commençaient à être en place et aussi mon futur à ce moment-là.
Je ne vous cache pas qu’avant mon passage dans cette île des Caraïbes, j'ai connu une grande dépression, accompagnée de crises d’angoisses nocturnes mettant en scène des cauchemars horribles.
Il m’était difficile d’accepter le moindre contact physique avec un homme...
Je me souviens que toute petite déjà, j’avais une peur inouïe des hommes, mon père en premier.
Alors qu’il y avait rien de malsain dans nos rapports. C’est sans doute lié au paternalisme des hommes musulmans envers leurs femmes et leurs filles.
Il était évident que pendant un bon moment, je me cherchais sans me trouver. Mes orientations environnementales, sociales, culturelles et professionnelles n’étaient pas vraiment en parfaite adéquation avec mes attentes.
Au travail, j’allais où on me disait d’aller malgré mon statut de fonctionnaire dans une entité étatique.
Dès que ma cheffe se manifestait, j’exécutais sa demande. J’ai même fait des remplacements en arrêt maladie et pendant mes jours de repos.
Je ne me sentais pas associée, ni consultée ni même entendue dans mes droits d’être humain, de salariée, de maman seule avec un enfant en bas âge.
J’avais l’impression de demander la charité en voulant faire valoir mes droits. Ma cheffe levait le ton et m’envoyait de multiples e-mails de recadrage.
Les arguments utilisés étaient fallacieux et développés en fonction de ses attentes. Je devais rester disponible sur mes jours de repos pour répondre présente en cas de besoin.
Si je refusais, je prenais le risque de recevoir un blâme et au mieux d’être mutée dans un autre service. Une forme de «promotion punition ».
Face à ce chantage, j’ai pris la décision de me soumettre à ses ordres sans riposte.
Elle avait mis en place des alliances avec la concierge de notre immeuble de travail qui était aussi celle de mon immeuble, pour connaître mes allers et venues et avoir une main mise sur ma situation familiale et professionnelle.
Mon choix de lieu d’habitation était très lié à des enjeux de proximité géographique.
C’était plus facile pour moi, en tant que maman seule d’aller chercher mon fils à l’école, et parfois le laisser seul le temps de finir mon service.
Si j’avais dû faire trente minutes ou une heure de trajet, je n'aurais pas vraiment eu la possibilité de prendre soin de mon fils, d’autant plus que, mes horaires étaient très irréguliers en soirée, en week-end et les jours fériés.
En effet, dans notre travail, on sait souvent à quelle heure on commence mais on ne sait jamais à quelle heure on finit. Il m’arrivait de temps en temps de badger et de continuer par faire des heures supplémentaires non comptabilisées afin de mieux finir mon boulot.
La direction ne pouvait pas ainsi me soupçonner de chercher à faire des heures supplémentaires. Après tout, c’est dans mes gênes de donner sans compter et de servir sans rien dire au risque d’être blâmée par ma patronne.
A mon avis, il vaut mieux choisir de collaborer avec quelqu’un qui te choisit et non quelqu’un qui te méprise.
Toutefois, malgré toute ma frustration du moment, j’ai toujours été dévouée, j’ai continué à travailler avec conviction et respect vis-à-vis de la hiérarchie, de mes collègues et surtout des personnes que j’accompagne, et de qui je reçois beaucoup de reconnaissance en retour.
J’ai énormément de considération et de respect car je tiens à préciser que ce métier je l’ai choisi par vocation.
Cependant, j’étais devenue très méfiante, distante avec certaines personnes qui me paraissaient peu sincères et peu équitables.
Face à ce sentiment d’injustice, je me suis rendue compte que je commençais à aller au travail avec beaucoup d’angoisse.
En dehors des moments où j’étais avec les résidents, je participais aux réunions d’équipe sans plaisir ni motivation. J’ai souvent eu peur de perdre mes convictions et mon éthique.
Comme un problème ne vient jamais seul, par la suite, des ennuis de santé se sont rajoutés à mes soucis professionnels.
En effet, il fut un moment où je n’étais pas vraiment en grande forme suite à des problèmes d’anémies importants qui, pour les médecins, nécessitaient repos et vie sans stress.
En outre, se rajoutait le fait qu’au début de l'année, je vivais une relation amoureuse qui m’abîmait... Je peux dire que pendant toutes ces années je n’ai pas vécu, j’ai survécu... J'avais même peur de me consumer.
A force d’avoir des pressions au travail, j’ai fini par faire un burn out. J’étais dans l’épuisement total. N’étant pas vraiment habituée à être en arrêt maladie, j’ai vraiment eu du mal à trouver du repos, j’ai énormément réfléchi. Je ne voyais pas pointer le bout du tunnel.
Pour tenir le coup, j’ai investi un gros budget sur des formations de développement personnel, analyse transactionnelle, cours de mentalisme, communication non violente et non verbale avec des professionnels de renommée comme le directeur général des ressources humaines de la police Genevoise, ainsi que des soins thérapeutiques et ethnologiques pour défaire certains nœuds et briser certaines chaînes qui m’entravaient.
En l’occurrence, ma relation amoureuse s’est soldée par un divorce, mais, je me suis sentie libérée.
Du côté de mon travail, j’ai réussi à faire face avec assertivité à une cheffe de secteur qui me mettait la pression en permanence et qui me dévalorisait. J'ai pu mettre en place mon projet professionnel, avec une formation à l'appui pour me permettre de prendre du recul par rapport à mon travail et, me fixer des objectifs qui correspondent à mes attentes.
A ce jour, j’ai envie de dire que naturellement la mise en route se fait à mon rythme. Mon travail commence depuis peu à me donner beaucoup de joie malgré toutes ces émotions.
Ma cheffe fait un petit effort pour ne pas invalider mon travail. J’ai demandé à avoir un entretien pour monter un dossier de validation des acquis. La réponse a été négative.
Un mois plus tard, j’ai décidé de terminer cette autobiographie et chercher un autre travail. Aujourd’hui, je préfère mettre mon énergie sur des choses plus fluides et qui peuvent aboutir plutôt que de continuer à être dans l’incertitude. Face à la froideur et au mépris, j’ai décidé d’être dans l’ignorance.
Les formations modulaires de six mois sur la communication non violente et non verbale que j’ai suivies m’ont réellement aidée.
Surtout sur le plan professionnel. J’ai engagé des frais au détriment de mes autres charges courantes mais je ne le regrette pas vraiment.
Cette formation m’a aidée à comprendre que seulement dix pour cent de la communication est verbale.
Je suis aujourd’hui aux anges de pouvoir témoigner mon affection à mes proches. Je me sens à ma place et, je me sens aimée et comprise en retour par ceux- ci.
Quant aux autres personnes qui sont dans des relations de froideur, de contrôle et de préjugés, je les laisse dans leurs idées noires, dans leurs peurs et leur comportement de polichinelle.
Depuis mes belles résolutions, mon état dépressif a fait place à quelque chose que je ne connaissais pas: la plénitude, la paix intérieure.
Peu à peu, j’ai retrouvé un sourire d’enfant.Je suis parvenue à dominer mes peurs. J’ai eu le courage de plonger dans l’aventure et l’inconnu.
C’est un symbole fort. Avec fermeté, j’ai décidé d’endosser constamment l’habit de la maturité à l’intérieur de moi.
En fait, c'est une rencontre professionnelle négative qui a bouleversé mon parcours.
Car cette femme, si odieuse soit-elle, m'a appris à oser, à me dépasser et je la remercie infiniment car grâce à ses agissements, j’ai pu réaliser à quel point je me mettais en danger.
Salir ma réputation pour ce travail n’était pas envisageable pour moi. C’était le début d’un travail de résilience.
Cependant, être dans la confrontation c'est avant tout avoir de la considération et du respect envers son interlocuteur et envers soi-même.
"C'est la confrontation avec les autres qui vous permet de dévoiler toutes vos facettes." Et, comme nous sommes des êtres d'évolutions, on ne peut qu’avancer progressivement mais sûrement dans un esprit sain et équitable.
En dehors de cette expérience malheureuse, la liste des bienfaits que m’a apportés ce voyage en Martinique est bien plus longue.
Aujourd’hui, grâce à ce passage, j'ai pu faire le point, je me sens exister, et cette vie me plaît bien!
Face à ces experts de la méchanceté et des travaux finis, j'ai demandé que ma protection diplomatique à l'État de Genève avec mes enfants soit annulée. J’ai suffisamment vécu comme une marginale.
J’ai vécu mon expérience. Madame Taubira disait que nul ne peut affirmer son humanité au mépris et au détriment d'autrui. Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Oui ! C'est vraiment cela.
Je suis deux fois marginalisée. Passer d'un statut de diplomate, personnalité publique anonyme, à une migrante mise dans des cases, malgré moi, c'est dur ; surtout quand on fait tout pour garder l'anonymat et ne pas dévoiler son identité.
J'essaye de régler de façon autonome les démarches administratives, annuler les protocoles diplomatiques, me sentir enfin libre et devenir une vraie citoyenne du monde.
Je réfléchis à une implication éventuelle dans un parti politique ou un mouvement de militantisme afin d'apporter ma vision des choses et mes idées. En qualité d’étrangère, J'ai l'impression d'être au plus bas de l'échelle sociale. On veut nous porter mais on ne veut pas nous associer.
Comme j'ai un regard positif sur les actions du maire de ma commune de Vernier en tant que Verniolane bénévole auprès des seniors, j'ai envie de prendre parti pour les socialistes. Que des idées folles qui me traversent l’esprit!
Je reconnais la force de ma persévérance et de ma pugnacité mais je pense sincèrement que je n’aurais jamais pu me réaliser, me solidifier et me reconstruire durant ce voyage à la Martinique sans la main tendue de deux belles personnes qui m'ont accueillie chez elles.
J'ai surtout énormément de la gratitude envers un grand homme exceptionnel qui m'a aidée à conceptualiser mon immersion totale dans ce beau pays tropical des Caraïbes. Oui! A lui, va ma gratitude. Je suis extrêmement ravie que nos chemins se soient croisés. Merci à notre créateur, merci à nos âmes.
Quant à mes rapports aux autres, je reste toujours moi-même, communicative, joviale et naturelle. En effet, je vais vers l'autre avec la force et la faiblesse d'un être humain, d'une femme et d'une mère.
Je suis une personne qui a beaucoup de réserve et de la spiritualité sans aucune appartenance religieuse spécifique. Mais j'apprécie aussi la spontanéité et le partage.
Je me rends compte que ce n'est pas facile de faire simple, étant donné que les relations humaines sont de plus en plus complexes. S'atteler à être fraternel et humble, c'est déjà s'engager dans la voie de l'humanité, de l'humilité, de l'espérance.
Le développement humain c'est avant tout de bâtir ensemble un monde qui réunit les conditions nécessaires pour faire durer un monde qui va de l’avant. Les éléments clefs sont l'émergence et la pacification d'un peuple quelles que soient nos différences.
Passer outre, c'est s'égarer. À ce sujet, la bible dit "cherchez d'abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît." Ce voyage m’a donc guidée.
J’ai pu aller à la rencontre de mon autre moi. Une version de moi que je ne connaissais pas, mais qui m’a permis de comprendre que des efforts sont toujours nécessaires pour mettre à profit ce que l’on possède déjà, pour pouvoir accéder à d’autres acquisitions.
Par ailleurs, j’ai compris que ma vie est motivée par l’essentiel et j’espère qu’elle va finir dans l’espérance. J’ai constaté, depuis onze ans que je vis à Genève, que j’ai eu peu de compréhension sur la politique institutionnelle.
Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais j’ai toujours eu l’impression d’être très accessoire dans les rapports sociaux où je dois être ce que je ne suis pas. Le médiocre qui « joue le jeu » selon le philosophe Alain Deneault, a pris le pouvoir dans toutes les sphères de la vie. Cette nouvelle emprise de la médiocrité nous force à penser mou, à mettre nos convictions dans notre poche de manière à devenir des êtres interchangeables, faciles à ranger dans des cases.
Je souhaiterais retrouver mes îles de la lune en un claquement des doigts. Cette envie est omniprésente ces derniers temps.
Mes souvenirs sont si vifs qu’ils envahissent mon esprit.
Ceci prouve l’amélioration de ma mémoire. Pour ma part, je pense que quelle que soit l'obscurité du moment, l'amour du prochain et l'espoir dans l’humanité sont toujours possibles.
Auteur : Karima Sandia Boina /Îles Vanilles
Originaire des îles de l'OCEAN Indien- Résidente à Genève
Mbechezi:Écrivaine/ Humaniste /sociothérapeute Écrit-Therapie
Chanson & Tableaux: Alain Remir
Auteur/compositeur/interprete/ Peintre d’origine de la Martinique
Montage vidéo: Denis Pourawa -Artiste poète
Contact : La Société le Dharma de Holi&Diwali
Ou OCD International- Federalitude Suisse
chemin De Maison 12 i - 1219 châtelaine
Commune de Vernier - Canton de Genève
Tel: 00 41 78 695 17 10
dharmaholidiwali@gmail
ocdfederalitudesuisse@gmail.com
Ou le blog
Sandhyā bībīnī putrī સંધ્યા બીબીની પુત્રી
Sandhya-bibini-putri@gmail.ch
sandiakarima@yahoo.fr
Ou à la Maison D’édition
https://www.editions4etoiles.com/a-paraitre/






















































Commentaires
Enregistrer un commentaire
Les « Commentaires » désignent le babillard électronique ou la fonction de courriel offert dans le cadre de ce Site. Si vous participez aux commentaires, vous ne devez pas :
- Diffamer, abuser, harceler ou menacer autrui
- Faire des déclarations sectaires, haineuses ou racistes
- Enfreindre les droits de l’homme
- Préconiser des activités illégales ou discuter d’activités illégales dans l’intention de les commettre
- Afficher ou distribuer tout matériel qui enfreint et/ou viole tout droit d’un tiers ou toute loi
- Publier ou distribuer un langage ou des images vulgaires, obscènes, discourtois ou indécents
- Enfreindre le droit d’auteur
- Faire de la publicité, vendre ou solliciter d’autres personnes
- Utiliser les commentaires à des fins commerciales de quelque nature que ce soit
- Publier ou distribuer tout logiciel ou autre matériel contenant un virus ou un autre composant nuisible
- Publier du matériel ou faire des déclarations qui ne se rapportent généralement pas au sujet ou au thème désigné d’un salon de clavardage ou d’un babillard
- Nous nous réservons le droit de supprimer ou de modifier le contenu du Forum à tout moment et pour quelque raison que ce soit.
- En soumettant tout matériel à la rétroaction, vous nous accordez automatiquement (ou garantissez que le propriétaire de ce matériel nous a expressément accordé) un droit et une licence perpétuels, libres de redevances, irrévocables et non exclusifs d’utiliser, de reproduire, de modifier, d’adapter, de publier, de traduire, d’exécuter et d’afficher publiquement, de créer des œuvres dérivées et de distribuer ces documents ou d’incorporer ces documents sous quelque forme ou support que ce soit, ou la technologie maintenant connue ou développée plus tard dans tout l’univers.
- Les informations obtenues dans les commentaires peuvent ne pas être fiables. Nous ne pouvons être tenus responsables du contenu ou de l’exactitude de toute information, et ne serons pas responsables des décisions de trading ou d’investissement prises sur la base de ces informations.
- Si vous avez moins de 18 ans, veuillez obtenir la permission d’un parent ou d’un tuteur avant de participer à une discussion sur notre blog.
- Ne révélez jamais de renseignements personnels sur vous-même ou sur quelqu’un d’autre (par exemple, numéro de téléphone, adresse personnelle ou adresse électronique).
Service de Communication.